D'Eze et de sa "promotion" ou le despotisme au quotidien...

Publié le par Xavier Cottier


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  Le site officiel de la municipalité d'Eze, publiant la délibération du 4 février 2003, nous annonçait le financement d'un film culturel et de promotion touristique consacré aux chemins d'Eze...

        L'entreprise est proposée par l'adjointe à la culture, fille du maire d'alors  et fut ratifiée moyennant un budget prévisionnel de 20.000 euros, financés par la commune.

        L'Office du Tourisme semble dessaisi du projet et sa maîtrise d'oeuvre confiée à l'entreprise SAMIPA de Monaco, spécialiste des reportages sportifs.

        Cette nouvelle me permet de vous confier mon point de vue quant à ce type de promotion.

       
Tout lieu célèbre ou, mieux, célébré, jouit de ce statut finalement rare dans le monde en raison de l'unanimité qui s'est faite autour de lui. Cela commença avec les Sept Merveilles du Monde et le voyage d'Hérodote. Puis, les échanges s'intensifiant, des voyageurs comme Marco Polo et bien d'autres ensuite, firent le récit de ce qu'ils virent, insufflant chez leur auditoire ou lectorat l'impérieuse envie de s'y rendre.

        Puis, une fois cette reconnaissance acquise, c'est tout naturellement que ledit lieu se mute en passage obligé auquel écrivains, peintres et tous artistes en général consacrent une ligne ou un ouvrage ou quelque oeuvre que ce soit.

        Ce site a pu démontrer qu'Eze était célèbre et célébré depuis bien longtemps. Pour dater cet engouement, je dirais qu'il remonte au Rattachement du Comté de Nice à la France.

        Les articles consacrés à Eze sont légions et j'en ai cités quelques uns. Des films y ont été tournés. Toutes ces manifestations d'une unanimité admirative ont un point commun : cette "publicité" était gratuite.

        De même, si j'abondais dans le sens de ceux, trop nombreux à mon goût, qui voient notre village comme étant un "produit" - ce qui n'est nullement le cas - je leur dirais qu'ils se trompent de "marketing". Les lieux non pas les PLUS mais les MIEUX visités (l'un et l'autre s'accordant en règle générale) n'ont pas à diffuser l'information comme quoi il convient de s'y arrêter. Venise, Paris, le Mont Saint Michel, New York, Saint-Paul de Vence, Saint Petersbourg, etc - et j'en oublie!- ne se vendent pas; ils sont "hyperbookés" pour reprendre le vrai jargon de la fausse efficacité contemporaine.

        Les grandes médias mondiaux dont la presse écrite, les écrivains à succès et les acteurs de même, s'ils trouvaient ici ce qui les fait aller ailleurs n'auraient pas cessés depuis plus de vingt ans de consacrer de l'espace à Eze. Ce qu'ils recherchent : tout simplement des histoires et vrais s'il est possible.

        Des histoires? Celles des gens, là aussi tout simplement. Mais la difficulté est bien celle-ci : les passants se multiplient, les habitants se raréfient. Que les efforts soient plutôt consacrés à cet appel à la vie et nul besoin alors de solder des équipes de thuriféraires. Nul besoin alors d'organiser des "happening" saisonniers (toujours estivaux) - qui ont pour seul mérite de faire travailler les intermittents du spectacle - mais faisons que la fête sourde à nouveau de chaque pierre habitée.

        Heureux le temps où les lieux publics étaient privés : les ateliers d'artistes, les cafés et salons de thé,  les domiciles ouverts des habitants d'Eze, les échoppes où l'on se rencontre. Malheureux le temps où les lieux privés deviennent publics....

        Un de nos visiteurs eut cette phrase qui a le mérite d'être formulée en termes intelligibles "Mais dites-moi, chez vous il faut payer pour garer sa voiture, pour "pisser" (je ne tronque jamais aucune citation), pour aller voir la vue du jardin exotique, mais où est-ce qu'on va s'arrêter?"

        Pas assez intelligible sans doute aux oreilles de ceux qui n'écoutent plus.

La bonne nouvelle est et demeure que le film ne vit jamais le jour et que la municipalité qui en eut l'idée fut défaite lors des dernières élections. Mauvaise nouvelle? Les jours se suivent et se ressemblent...

 
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