DU CAP DE BONNE ESPERANCE

Publié le par Xavier Cottier

DU CAP DE BONNE ESPERANCE...

 

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Jeudi 17 au vendredi 18 juillet1788.

Vent au SO, variable au N. Très fort. O. Cap à l'ESE.

A 8 heures du matin, la vigie signale un bâtiment à l'OSO, faisant la même route que le Piémont, soit à l'EE. La mer est grosse et la vitesse du navire est de 4 à 6 miles aujourd'hui.

Nul doute que la vue de cet alter ego aura rassuré chacun. Quant au marin Ferran, il semble être toujours aux fers.

 

 

Latitude observée : S 34° 13'

Longitude arrivée : E 32° 4'

Route corrigée : E1/4NE 30°N

Chemin corrigé : 43 lieues 1/3

Variation N0 28°

 

 

 

Vendredi 18 à samedi 19 juillet 1788

Vent à l'ONO. Petit vent. Route à l'ESE.

A 3 heures 1/2 de l'après-midi, le Piémont croise à nouveau le bâtiment précédemment cité. Le capitaine nous explique qu'il lui a "parlé". Ce navire est Français. Il demande au Piémont d'où il est parti, or le Luigi Fighiera - après avoir fait hisser le drapeau de SM le Roi de Sardaigne - indique qu'ils viennent de "Nizza",* puis ont relâché à Cadix qu'ils quittèrent le 16 avril. Il lui est répondu qu'ils viennent d'Orient, d'où ils ont partis le 4 mars et que, quant à eux, avaient relâché au Cap de Bonne Espérance où ils demeurèrent 8 jours. Nous connaissons le nom du commandant du bâtiment Français : Stel (sic).

La rencontre semble avoir été longue. Imaginons ces deux vaisseaux, bords à bords, conversant notamment sur le méridien de Paris, le Piémont ayant estimé sa position à 32° 4' de celui-ci et le bâtiment Français à 30° 20'. Voilà que, sans doute, il va falloir tout calculer à nouveau!


Le navire "étranger" se dirige vers l'Ile de France (l'Ile Maurice aujourd'hui) et le capitaine Fighiera note sans autres commentaires : "nous avons vu 3 femmes à bord". Le seul fait de l'avoir remarqué semble indiquer un certain étonnement de sa part. Un peu de curiosité également.

Pour la première fois depuis des mois, le capitaine Ezasque peut échanger quelques mots avec des étrangers. Tout démontre que cela est fort à son goût. Les trois silhouettes entre aperçues sur le pont sont-elles également la raison pour laquelle cette "conversation" s'éternise.

Le capitaine Stel nous dévoile enfin le nom de son navire : la Garonne.

Il peut s'agir de la série des "Garonne", une flûte de 24 canons.

 

Mais l'important réside dans le fait que son capitaine fournit au Piémont d'intéressantes nouvelles d'Europe. Inquiétantes aussi. "Bientôt il va y avoir la guerre entre les Français et les Anglais." Voilà, visiblement, qui ne va pas faciliter l'objet de l'expédition : le commerce.


Comme il est d'usage, la mauvaise nouvelle est accompagnée d'une autre qui, elle, est salutaire. Les Hollandais viennent de découvrir un banc de sable sous la latitude de 33° S et la longitude de 43°, méridien de Paris. La découverte date en fait de 8 mois. Les deux capitaines se congratulent, notamment celui du Piémont qui remercie son homologue Français car la passe aurait pu être fatale à son vaisseau comme elle le fut à d'autres.

A son tour, le capitaine Figuiera signale à celui de la Garonne que le 8 mai dernier, "sous la ligne", il a pu observer le vaisseau dénommé "Bagatelle", bâtiment parti de Marseille avant lui

A 8 heures du soir, un autre bâtiment est en vue. Les lieux sont fréquentés. Voilà qui augure bien de la seconde partie de cette quête des Indes.

En joie, visiblement, le capitaine lève les fers du marin Ferran au motif annoncé qu'il fait chaud "nonobstant qu'en ces parages il devrait faire froid...".

* Ce qui semblerait indiquer que le Piémont est parti du port de Nice ou de Villefranche. A moins que cette mention ne soit le fruit, bien compréhensible, d'un désir du capitaine d'affirmer son appartenance comtale, c'est à dire Niçoise.

 

Latitude observée : S 34° 23'

Longitude arrivée : E 33° 38'

Route corrigée : E1/4 SE 4°E

Chemin corrigé : 26 lieues

Variation N0 28°38'

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