L'Abbé Bonifassi...

Publié le par Xavier Cottier

Photo Société Muséale Albert Figuiera - Le 15 août 1975

Voilà enfin une photo du Doyen Prudent Bonifassi dont j'ai souvent parlé.


Raccourci saisissant sur un simple cliché : au coeur de la nef de l'Église paroissiale, le drapeau (tenu en l'espèce par M. Charlie Fighiera), les reliques de Saint Germain, les armes présentées pardevant l'autel.


Cette Messe avait un aspect particulier dû notamment au fait que les Ezasques, hormis ceux qui fréquentaient la messe dominicale, ne se voyaient qu'aux enterrements. Le 15 août est donc le sommet religieux et profane de l'année calendaire et tous se rendent à la procession, tant celle de la veille, aux flambeaux, qu'à celle du lendemain à l'issue de la Grand Messe.


Cette dernière est divisée en trois parties bien distinctes ainsi que l'a voulu l'Abbé Bonifassi qui avait retrouvé le Canon ancestral de la paroisse.


D'abord, le cours normal de la Messe dédiée à la Vierge. Puis, l'Offerte, où tous les fidèles se rendent à l'autel pour déposer au creux d'un grand plateau d'étain, leur dîme destinée au seul curé et plus particulièrement à son chauffage (le bois puis, plus tard, le charbon). Enfin, les armes de l'Académie de Cannes (autrefois les hommes d'armes du castrum), sont bénies alors que retournant dans le choeur, les mêmes fidèles embrassent les reliques puis les pieds d'un grand crucifix placé à plat sur les marches de l'autel.


Enfin, la procession qui n'est pas sans rappeler le tour traditionnel des défunts qui se devaient de passer devant chaque maison.


On se congratule, on rit puis on reprend plus sérieusement l'Ave Maria avant de contempler l'autodafé de sarments de vigne destiné à rendre les récoltes plus fructueuses.


Chacun savait alors et depuis toujours que toute religion, finalement, n'est qu'enracinement. Chassez-en la part humaine et dès lors Dieu Lui-même quitte les lieux!

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