Un Rembrandt Campagnard...
Un Rembrandt Campagnard

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Collection Société Muséale Albert Figuiera
Ainsi que j'ai pu l'expliquer en ces pages et, ce bien souvent, les Ezasques, quand ils le peuvent et beaucoup sont dans ce cas, adoptent des résidences différentes en vertu des saisons. Les Figuiera ont opté pour le profond arrière-pays en cette fin du XIXième siècle et du Pont-de-Clans à Peïra Cava en passant par la Brigue, ils retrouvent là les hommes et les valeurs qui commençaient déjà à quitter le littoral.
La Brigue, coeur du Comté, fut toujours injustement traitée. Un méprisant ethnotourisme qui écumait les montagnes, reposait son esprit plein de vacuité sur nos côtes et nous épargnait à l'époque ses vues générales sur l'indigène qui, hélas pour d'autres, battait son plein au-dessus des vallées et des rivages pour ausculter sans pudeur les jupons et les braguettes des paysans du Haut Pays.
Dieu sait, pourtant, que plus qu'Eze encore, cette région est riche en qualités humaines et ressources de l'âme. Ainsi, les parents de Raymonde Figuiera, ma grand-mère, après qu'elle eût échappée à une grave maladie infantile, s'installèrent quelques temps dans leur petite thébaïde de La Brigue pour reposer la jeune enfant et côtoyer les gens vrais du pays vrai.
Féru de photographie, Albert, jeune père de 31 ans en cette année 1894, assiste à la messe et, sans qu'ils ne pensent une seconde à poser, les villageois s'assemblent devant l'entrée de la petite église rurale.
Hasard des pigments, génie improvisé des "gens simples", ce cliché a le ton de la peinture flamande et les clairs-obscurs d'un Rembrandt.