Ignorance et ingratitude...
Acte de donation de la source "Fouan Roussa" par Albert Figuiera et famille à la Commune d'Eze le 8 septembre 1947 - Archives SMAF
L'eau à Eze.La question fut essentielle et le demeure...Elle se termine sur une donation, comme il se doit.
Jean-Baptiste Millo est alors le Maire d'Eze. Il fut longtemps le premier adjoint d'Albert Figuiera.
Ce dernier, ainsi que ses cousins germains, le Docteur Charles Figuiera et la baronne Marguerite de Saunais de Guermarquer ont décidé de faire don de l'eau de la Fouan Roussa à leur village.
Cette eau, dont Elisée Reclus a dit, nous le verrons plus tard, qu'elle est jaillissante, sera acheminée jusqu'au bassin communal. Utilité pratique d'avoir ainsi un point d'eau public notamment en cas d'incendie.
L'acte est passé pardevant Maître Gaston Thus de Villefranche.
Elle leur appartenait pour avoir été transmise à cause de mort par le père d'Albert Figuiera, César-Marie qui lui-même l'avait acquise de Joseph François Figuiera le sept avril mil huit cent cinquante trois nous dit l'acte dont nous gardons copie à la disposition de nos membres.
Ce droit avait été estimé, selon un acte du 1921, le 15 juin pour être précis, à un montant de 2650 francs de l'époque ce qui est une somme importante.
Mesure conservatoire : il est fait interdiction à la Commune d'aliéner le bien à la suite de la donation. Cette stipulation, sacramentelle et, de facto, inutile à l'époque prend aujourd'hui toute sa valeur et démontre, s'il le fallait, l'importance de l'application stricte de la loi et de la morale dans les affaires publiques et, ce, à l'égard de tous et chacun. Nous remercions nos rédacteurs passés d'avoir parié, sans se tromper, sur l'incurie des futurs administrateurs...
L'acte est passé devant témoin et est enregistré sous le numéro de folio 35, n° 190, en date du 8 septembre 1947.
Je remarque avec tristesse mais sans surprise que la "littérature" locale sur le village ne signale jamais les actions gracieuses et désintéressées dont de nombreux Ezasques furent les auteurs et va même jusqu'à les imputer à des tiers dont le seul mérite, mais il est grand, consiste à n'avoir fait que passer. Mais il est vrai que nos nouveaux "maîtres" feront de même une fois épuisé le filon...
Ceux et celles qui voudraient abattre la souche indigène du village, devraient savoir qu'elle a fait sienne cette belle parabole turque :
La forêt, à la vue des bûcherons, tremble des plus jeunes pousses jusqu'aux grands arbres du cœur de la nef végétale. Seul, un immense chêne reste imperturbable et lance cette harangue rassurante : "N'ayez pas peur, le manche est des nôtres!".
Si fait. Toute injustice commise à l'endroit de la nature des choses sécrète son contrepoison et depuis des lustres les Ezasques sont mithridatisés contre toutes les gesticulations contemporaines qui commencent à nous lasser, qui que nous soyons.
