Les Anciens Jours

Belle fête patronale en ce 15 août du début du XXe siècle, alors plein de promesses.
Cette photo, prise sur le parvis de l'église, montre pratiquement tous les chefs des familles d'Eze qui vont des Asso, Ciocco, Grinda, Fighiera, en passant par les May, Gianton, Figuiera, Ferri, Millo, Noble et j'en oublie. Chapeaux taupés ou à plus larges bords, cols empesés et pour les plus âgés décorations aux revers.
Peu de sourires car le moment est solennel. Alors, on ne mélange pas les "genres". Ce n'est que plus tard, après la descente bruyante vers le lieu des simples mais enjouées libations républicaines, que l'on pourra pastrouiller à souhait et en profiter pour faire passer quelque itérative demande ou complainte qui sur une servitude de passage, qui sur le fils à faire entrer dans l'administration.
Mais l'on ne confond pas non plus "autorité" et "autoritaire" et c'est autour d'un vin cuit un peu trop chaud mais bienvenu que l'affaire sera scellée à l'instar de la "paumée d'accord" des anciens jours.
La seule femme de la photo se trouve être ma grand-mère. Je n'en suis pas étonné, me remémorant l'intérêt qu'elle portait à ces conversations des hommes d'Eze qui rameutaient dans la bonhomie le "Conseo" d'antan.
Mademoiselle Figuiera se préoccupait des affaires d'Eze mais chacun le faisait. Simplement, artiste, y puisait-elle l'évocation plus silencieuse des murmures nocturnes de la maison familiale.