NICE, 1860 ou la Machine Infernale...

Publié le par Xavier Cottier

NICE, 1860

 

Ou

 

La Machine Infernale

 

 

 

La question devait, un jour ou l’autre, être formulée de la façon suivante : Nice française, annexion ou rattachement ?

 

En cela, elle constitue bien une machine infernale, dotée d’un mécanisme de retardement dont le détonateur est l’insatisfaction.

 

En quoi cela concerne-t-il Eze ?

 

Au plan général, à l’instar de toutes les communes, grandes ou petites, du Comté, Eze a dû adapter ses institutions à celle de la France. Certes, cette situation n’était pas nouvelle alors que l’Empire, la Révolution, les invasions du 16eme siècle nous avaient placés dans les vecteurs de l’équation : annexion, restauration…

 

Au plan particulier, Eze trouva en la personne de la fille de François Malaussena, Clorine, laquelle épousa César-Marie Figuiera, l’incarnation du pouvoir qui fut central jusqu’en 1860 et, par la suite, prit la forme du centralisme délégué qui perdure jusqu’à nos jours en France.

 

L’insatisfaction, disais-je mais il conviendrait d’ajouter l’ignorance. Il a été, dès le mois d’avril 1860, date du plébiscite, acquis que la province de Nice n’aurait aucun problème à s’assimiler puisqu’elle est française, reprenant ici les arguments du Comte Cavour, opposés au « Parti Italien » lors des négociations multiples qui précédèrent la démarche diplomatique du rattachement. « Parti Français » contre « Parti Italien ». Déjà cette image est fausse. Tout historien puriste ou ombrageux vous rétorquera que l’Italie n’existant pas de 1388 à 1861, il est difficile de concevoir un « Parti Italien ». Ecoutons Mazzini :

" Nous sommes un peuple de vingt et un à vingt deux millions d'hommes, désignés depuis un temps immémorial sous un même nom, celui de peuple italien, renfermés entre les limites naturelles les plus précises que Dieu ait jamais tracées, parlant la même langue, ayant les mêmes croyances, les mêmes moeurs, les mêmes habitudes, fiers du plus glorieux passé politique, scientifique, artistique, qui soit connu dans l'histoire européenne, ayant deux fois donné à l'humanité un lien, un mot d'ordre d'unité, une fois par la Rome des empereurs, une autre, quand les papes n'avaient pas encore trahi leurs missions, par la Rome papale...

 

Nous n'avons pas de drapeau, pas de nom politique, pas de rang parmi les nations européennes. Nous n'avons pas de centre commun, pas de pacte commun, pas de marché commun. Nous sommes démembrés en sept Etats...Un de ces Etats, comprenant à peu près le quart de la péninsule, appartient à l'Autriche ; les autres, quelques-uns par des liens de famille, tous par le sentiment de leur faiblesse, en subissent l'influence."

 

Mazzini, "L'Italie, l'Autriche et le Pape", septembre 1845.

 

Au-delà de ces deux pôles classiques, comment ne pas évoquer l’irrédentisme. Ironie de la sémantique, le terme est à la fois récent et de source italienne. A ne pas confondre, donc, avec l’autonomisme ou le nationalisme. Ainsi (sources « Dictionnaire Historique de la Langue Française », Le Robert), l’irrédentisme serait un emprunt à l’italien (1890), dérivé de «irredento » soit « soumis à la domination étrangère ». Il serait né avec l’association « Irredenta Italia » (1870) mais couvre également la doctrine des nationalistes italiens, alors que le terme fut généralisé par Maurice Barrès pour désigner tout mouvement national s’inspirant des mêmes principes.

 

Aujourd’hui, nous ouvrons donc un grand chapitre consacrée au Rattachement de Nice à la France, envisagé tout spécialement au moyen de la personne de François Malausséna, des institutions d’Eze et des hommes qui les servirent.

 

Nous aimerions que ceux qui pensent qu’il s’agissait plutôt d’une annexion nous fassent par de leurs observations et tous les concours seront bienvenus.

 

 

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A
L'annexion est le terme le plus employé par les historiens jusqu'en 1960, date du centenaire. Annexion ou rattachement? Certains parle de vente, tant il est vrai que les terres niçoises qui ne coûtaient pas grand-chose ont été vendues et que des institutions comme le crédit lyonnais avaient déjà  planifié la spéculation immobilière qui en transformé nos vertes campagnes chères à Menica Rondely en "blanqui campagna pleni de betoun". Le peuple s'est-il vraiment passioné pour se débat? Alphonse Karr nous dit qu'il y a 100 niçois près à militer pour le parti français et 150 près à le faire pour l'Italie. il y a effectivement durant la décennie qui précède des patriotes italiens niçois (Eugène emmanuel et Anne-Sophie Sasserno) qui nous ont laissé des écrits intéressants, de nombreux niçois volontaires au côté de Garibaldi ou appelés par l'armée piémontaise se sont battus pour faire l'unité italienne. Mais au bout du compte les pauvres paysans et pêcheurs qui formaient l'essentiel de la population du comté avaient peut-être d'autres préouccupations à l'époque. 20% ont écouté le "parti italien" ou "autonomiste" et sont restés à la maison et les autres ont suivis les prêtres qui, sachant qu'ils plus gâtés par Napoléon 3 que par Victor emmanuel ont appelé à voter oui. Bref, le sort de nice était déjà scellé depuis des mois. Les gouvernants et les banquiers l'aveint l'avient ainsi décidé et le peuple comme d'habitudes suit les puissants et comme le disait Alphonse Karr le peuple niçois se donne à la France pour una assiette de lentilles."L'argent, lu sòu, lu pié ja à l'epoca li a qu'acò que countava"
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<br /> Cher Monsieur,<br /> <br /> Pardon de répondre tardivement à votre commentaire au demeurant judicieux.<br /> <br /> Le Comte Cavour commit bien des erreurs à cet égard et l'auteur de ces lignes travaille à la rédaction d'une entrée figurant à un ouvrage collectif devant paraître cette année. Vos observations,<br /> croyez-le, seront prises en compte parce que, historiquement, elles le méritent.<br /> <br /> Salutations les meilleures,<br /> <br /> Société Muséale Albert Figuiera<br /> <br /> <br />