Moriendo Renascor...
Les armoiries Ezasques ont cette particularité qu'étant hautement familiales, elles furent surtout usitées aux fins d'authentification des actes de la pratique.
Ceux-ci consistaient principalement, ce, depuis les XIIe et XIIIe siècles jusqu'au XVIIIe inclus, en testaments, inventaires avant mariage ou après décès, cessions de droits, servitudes et autres mutations. Généralement, se sont les notaires d'Eze qui les accolaient aux dits actes mais également les parties suivant la nature de l'opération ainsi dûment constatée.
Mais, elles sont "parlantes" à plus d'un titre. Ainsi, celles des Fighiera/Figuiera d'Eze qui, fixant un nom, évoquent le patronyme et les vertus qui s'y attachent ou, plutôt, celles à qui les auteurs du "clan" veulent donner une certaine renommée.
Le nôtre, les Fighiera/Figuiera (également Figuier ou Figuiere) d'Eze est, d'après toutes les études sérieuses déjà publiées en France et en Italie, venu d'Espagne alors que la Péninsule dont s'agit était encore un Royaume Islamique portant ses confins aux limites mêmes de la Chrétienté. Le problème est lié au changement de noms dans le sens où il est à peu près acquis que les fondateurs du dit patronyme en portaient un autre.
Ainsi, la légende (elle est une source héraldique qui n'est dédaignée que par les ignares) nous transmet-elle l'idée poétique selon laquelle les nouveaux arrivants auraient conté leurs combats à l'encontre des guerriers Maures à l'issue desquels, laissés sans armes, ils se seraient munis de branches de figuiers de Barbarie.
L'allitération n'étant pas, en général, seulement grammaticale, ce figuier de Barbarie est devenu celui plus commun sous nos latitudes et c'est lui qui finalement orna le blason des Fighiera, le tout assorti de cette devise latine : "Flores Mei Fructus".
Les écus, souvent aux couleurs de la guerre (il en va ainsi en Europe médiévale mais aussi au Japon), peuvent également figurer l'adhésion à une obédience particulière, à une pensée également. Ainsi, le figuier généralement accompagné par le palmier et le dattier, tant en occultisme qu'en héraldique, est le témoin du minéral, source philosophique du Phénix.
Et, détail curieux, la famille Fighiera a donné à notre commune, certes tardivement, ces armes ornées du Phénix qui tirent les éléments de la renaissance miraculeuse du dit Phénix... Cette remarque nous relie involontairement à la Confrérie des Pénitents Blancs dont nous parlerons dans un futur proche.
Eze est inépuisable et c'est la raison pour laquelle le défi consistant à écrire chaque jour à son sujet n'est-il pas aussi ambitieux, ni impossible qu'il n'y paraît à première vue.