Vidal, le tueur d'Eze...

Publié le par Xavier Cottier



Tout le monde en parlait et tout le monde avait peur.

L'on disait dans la région Niçoise qu'un tueur rodait, le soir venu, la police ayant fait un lien entre plusieurs assassinats de femmes.

Or, ce n'est que grâce au "PETIT NICOIS" du 24 décembre 1901 que l'on apprend l'impensable, celui-ci titrant :

"Mystérieux assassinat en chemin de fer près d'Eze, une jeune fille, Gertrude Hirsbrenner, 20 ans, décapitée en wagon, découverte du corps, l'autopsie, l'enquête."

Puis, : "L'assassinat d'Eze, (voir 24.12.1901), l'arrestation d'avant-hier. C'est bien le coupable, ses aveux, le récit du drame, les mobiles du crime, détails rétrospectifs, l'enquête (portrait à la plume de M. Ducuing, facteur de première classe au P.L.M. et de l'assassin H. V.)"

Le "serial killer", dirait-on aujourd'hui, se trouvait être un dénommé Henri Vidal que la Cour d'Assises de Nice condamne à mort mais, le même "PETIT NICOIS" du 10 janvier 1903 nous apprend que "le Président de la République commue la peine de mort en celle de travaux forcés à perpétuité, Vidal insensible."

 Un ouvrage fort documenté et intéressant vient de sortir (Cf : http://www.lire.fr) sur ce personnage qui se trouve avoir décrit par le menu tant les circonstances de la commission de ses meurtres que l'état d'esprit dans lequel il se trouvait au moment des faits. A titre de citation et pour vous donner envie de lire cet ouvrage, voilà un extrait de la prose du meurtrier :

"Cette existence m'énervait considérablement et ma seule distraction était, le soir, d'aller me promener à Nice ou Monte-Carlo. C'est dans une de ces promenades que, me trouvant par hasard à la poste de Monte-Carlo, j'eus l'occasion de faire connaissance avec Mlle Gertrude Hirshbrunner, la pauvre créature que je devais plus tard assassiner si lâchement. La jeune fille ayant laissé tomber un timbre, je me baissais et le lui remettais galamment. La façon aimable dont elle me remerciait me frappa l'esprit, et nous eûmes là notre première conversation. Tout en causant de choses et d'autres, je la raccompagnais chez elle, mais cette aimable enfant avait rappelé en moi mes premiers amours. Je fus frappé de sa gentillesse, de son gentil minois et n'eus dès lors qu'une seule pensée: la revoir et la revoir souvent. Je rentrai me coucher, mais dès le lendemain, le surlendemain revenais à Monte-Carlo, cherchant à revoir Mlle Gertrude mais sans y réussir. Je la rencontrais cependant un soir, nous nous promenions un bon moment ensemble, mais je ne sais ce qui se passait en moi ce soir-là. Soit qu'elle parût ne pas me comprendre, soit que ma conversation ne lui plût pas, nous nous quittâmes précipitamment et je retournai à Beaulieu. Je n'ai pas du tout souvenir de ce qui s'était dit entre nous."

 

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