La Visite du Général Kellermann à Eze…

La Visite du Général Kellermann à Eze…
Nous savons, ainsi que nous l’avons déjà évoqué, que le Général Kellermann, à la tête de l’Armée des Alpes – notons cette intéressante remarque du Général Bonaparte à l’endroit du premier : « Réunir Kellermann et moi en Italie, c’est vouloir tout perdre. Le général Kellermann a plus d’expérience et fera mieux la guerre que moi ; mais tous deux ensemble, nous la ferons mal. Je ne puis pas servir volontiers avec un homme qui se croit le premier général de l’Europe. » - a passé une nuit à Eze dans la demeure de Louis Figuier (en fait Ludovic Figuiera, revenu récemment des Indes en sa qualité de Commandant du navire dénommé le Piémont).
En revanche, nous ne sommes pas assurés de sa date. Notre opinion, étayée par quelques documents des Archives Départementales des Alpes-Maritimes, est qu’il fut notre hôte aux abords du mois de Fructidor An III, soit au mois de septembre 1795.
Le fait est possible en raison même du nom de famille qui figure au rang desdites Archives, Fulconis, famille d’Eze et de la Trinité (deux communes alors réunies). Philippe Fulconis fut, pendant deux années, le « bosco » de Ludovic Figuiera et les faits qui suivent démontrent qu’il n’est pas impossible que le Général ait, ici même, poursuivi son enquête.
La lettre où le Général exige que l’on conservât des « otages » après la libération de Fulconis, démontre – ce qui est au demeurant connu – qu’il dirigeait davantage une armée d’occupation qu’une avant-garde préparant un rattachement amiable. La lutte des « barbets » dans le haut pays explique également ce comportement.
Ci-dessous, les extraits des Archives Départementales et un cliché d'une partie de la chambre où Kellerman et son aide de camp séjournèrent le temps d’une nuit qui, n’en doutons pas, fut tendue et pleine de crainte, tant pour les "invités" que leurs hôtes.
Archives Départementales des Alpes-Maritimes
Fonds L 0164 - An III - An V
Affaire relative à l'arrestation, par ordre du général Kellermann de
la famille du citoyen Fulconis, agent municipal de l'Escarène,
"Dans la première décade, il s'est commis un assassinat dans les
environs de l'Escarène. Deux de ses habitants en ont été les
victimes. On soupçonne que c'est à la suite d'une querelle, et l'un
des deux coupables a servi en qualité de domestique. il y a environ
neuf mois, chez le citoyen Fulconis, officier municipal du lieu. La
malveillance ou l'erreur ont tiré des inductions contre Fulconis
étant prétendu qu'il devait avoir connaissance du projet criminel qui
venait de s'effectuer.
"Le général Kellermann, arrivant sur ces entrefaites à l'Escarène,
mande la commission municipale; le nommé Fulconis se présente avec
les autres membres, où se trouvait un citoyen de même nom, Joseph
Fulconis; ce dernier est désigné par le commandant de place au
général comme l'individu sur lequel pèsent les soupçons, et aussitôt
il devient l'objet des plus vives menaces et des reproches
foudroyants.
"Le Fulconis, s'apercevant de la méprise et voyant entre les mains
de l'agent national une dénonciation écrite où il est nominativement
désigné, s'épouvante et prend la fuite."
Supplique de Jean Fulconis, agent national de la commission
municipale de Villefranche, parent de l'inculpé, en faveur de la
famille de l'inculpé (4 fructidor an III).
Lettre de Kellermann, qui ne s'oppose pas à leur mise en liberté,
mais demande qu'on garde le
maire et un officier municipal, également arrêtes (7 fructidor an
III).

Siège Société Muséale Albert Figuiera