La Maison d'Eze... I

Publié le par Xavier Cottier

 

La Maison d’Eze I

 

La maison d’Eze telle qu’elle fut et telle qu’elle devrait être se doit de n'être semblable à aucune autre. Fruit du temps, de la configuration des lieux et des hommes et femmes qui l’habitèrent, elle se reconnaît, se sent et ne ment jamais.

 

Son entrée, tout d’abord. Claire et à la fois obscure, frappée d’un trait de lumière qui vient d’un carré de fenêtre, plutôt de meurtrière, ouverte au-dessus de la porte et armée de barreaux, elle donne le ton, d’emblée.

 

 

 

Puis la première pièce que l’on atteint après, généralement, une marche ou deux – déclivité oblige – et constitue la salle-à-manger pour les familles les plus formelles ou bien la cuisine.

 

Elle s’ouvre sur la mer d’où le maître de céans, armé de sa longue-vue, pouvait aller quérir son pêcheur après qu’il eût perçu, de la hauteur d’Eze, les bancs de poissons quêtant une manne alors propice. Aux murs, les plats d’étain, les services les plus usités et les « calèns », lampes à huile de première nécessité la nuit venue ou au matin.

 

 

S’il était reçu plus avant, le visiteur – à condition qu’il ne fût pas Ezasque, nos habitants ayant pour coutume de ne jamais partager l’intimité de leurs demeures – devait traverser ce qui, ressemblant à un couloir, n’est rien d’autre qu’un mur maître. Et là l’attend la pièce où les échanges peuvent se faire, dans le silence de la bâtisse, volets fermés.

 

 

Portraits et bustes d’ancêtres, tons de notre Piémont, pastels, rouges de France, bois de noyer.

 

Petite chambre latérale destinée aux hôtes de passage et lieu où l'Ezasque, par humilité, attendra la mort.

 

 

 

 

 

 

 

 

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