Une journée ordinaire!
Lundi 11 août 2008 vers les 15 heures. Vous n’assistez pas là à la prise de Saigon, à une échauffourée balkanique ou quelque autre opération humanitaire mais à une journée « ordinaire » à Eze.
Nulle semaine sans qu’un aéronef du même type ne vienne frôler nos murs et nos toits, nos visiteurs et les habitants d’Eze – vous remarquerez sur la vidéo les joyeux campeurs de la terrasse qui, conscients du danger, quittent la zone, parasol à la main -.
Le plus étrange est que l’auteur de ces itératives et intempestives vacations d’hélicoptères se trouve être un établissement dit « de luxe » qui, au plus grand mépris de ses clients, impose qui ce que vous pouvez voir sur ce document, qui les martèlements incessants d’un piqueur marteau qui éradique tout ce qui près ou de loin pourrait rappeler la nature, le rocher qui nous soutient et le paysage qui est le nôtre depuis des millénaires.
Plus inconcevable encore, inconvenant même, est qu’aucun pouvoir public, à quelque degré que ce fût, ne tente de mettre fin à ces faits très largement exorbitants du droit commun, en un mot illégaux.
Outre le fait que les travaux que ces nuisances nourrissent sont, bien sûr, exécutés sans permis ni contrôles, nul besoin d’être grand clerc pour imaginer les conséquences de l’écrasement d’un tel engin sur l’habitat concentré d’Eze-Village.
La déshérence du pouvoir proche ou plus lointain, de vrais contre-pouvoirs et de recours efficaces, tout ceci donc – et bien plus encore qu’il serait trop long de citer ici mais que nous nous chargerons de dénoncer en temps et en heure -, justifie pleinement la création d’une véritable société de défense des intérêts culturels, artistiques et patrimoniaux d’Eze.
Rappelons enfin à ceux qui feindraient de l’ignorer que le cœur d’Eze se situe précisément au sommet de notre rocher et que c’est bien lui, et seulement lui, qui constitue l’attraction principale de notre commune. Il apparaît pourtant que c’est vers ce lieu que tous les coups partent, bas ou plus directs, de haut ou d’en bas, sous ou au-dessus de la ceinture. Le principal outil de ce barbare invisible : son opiniâtreté s’agissant de vouloir vider le village de ses habitants et en faire une coquille vide, sans âme, sorte de réserve où l’histoire des indigènes serait contée par ceux qui les ont détruits.
Que tous ceux et celles qui pensent que le législateur n’est pas inutile et ce d’autant moins après que les dispositions qu’il aura prises auront été équitablement appliquées, nous rejoignent ou non mais au moins prennent la peine de nous consulter afin de bien comprendre les maux irréparables qui frappent cette communauté d’Eze qui fut fondée par des Ezasques et continue d’être défendue par eux, dussent-ils gâcher encore davantage leur vie quotidienne déjà bien obérée par une politique locale inconséquente, ignorante des vrais problèmes et arrogante tant dans son discours que dans ses actes.
« Nous sommes tous les témoins passifs d'une barbarie sans cesse renouvelée. »
Günter Grass