GLANE DANS LES ARCHIVES DE NICE...

"[...] qu'on interroge et qu'on remue jusqu'au fond les Archives de France, et, de quelque façon que la fouille soit faite, pourvu que ce soit de bonne foi, la même histoire incorruptible en sortira. " Victor Hugo
Nous reprenons ici un titre d'article de Nice Historique publié par Charles-Alexandre Fighiera mais il s'agissait cette fois des archives d'Eze.
Je citerai ici sommairement les documents afférents à Eze et se trouvant aux archives niçoises. Nous offrirons, plus tard, un relevé plus détaillé de l'ensemble des documents s'y trouvant.
· F. 13-14. A l'occasion du décès du chanoine Antoine Botoni, prieur d'Eze, et à la requête des chanoines, le légat pontifical reconnaît que les chanoines, d'après les antiques statuts, ont droit aux dépouilles des chanoines défunts, à l'exclusion de la Chambre apostolique (1444, 17 mai).-
· F. 186-193. Provision par lettre apostolique de la coadjutorerie avec succession futur. de la prébende du chanoine infirmier avec l'église paroissiale d'Eze annexée, en faveur de Jules-Pierre-Cajetan Fighiera, à la demande et en raison de l'état de santé du titulaire Charles-François Fighiera (1779).
· Le chanoine infirmier François Fighiera, au canonicat duquel est annexé l'église paroissiale d'Eze, âgé de 65 ans, sollicite pour raison de santé la dispense du service du choeur qui lui est accordée (1776).
· Permission accordée à Catherine Fighiera, veuve de Pierre Suchi, de construire une chapelle dans sa propriété de la Sembola, terroir d'Eze, en raison de la distance considérable où elle se trouve, soit d'Eze, soit de la Trinité.
· Guillaume de Litera, légat a latere pour la Provence, accédant à la requête du prévôt et des chanoines de l'église de Nice fondée sur les statuts du chapitre qui accordent formellement aux dits prévôt et chapitres la dépouille des chanoines défunts, à l'exclusion totale de la Chambre apostolique, ordonne la remise et la relaxation aux prévôt et chapitre de Nice des biens de feu Antoine Botoni, chanoine, prieur de Notre-Dame d'Eze, qu'il avait fait inventorier et saisir pour le compte de la Chambre apostolique (1445, 17 mai).
· Sentences civiles de l'ordinaire de Drap : en faveur de Marie-Catherine Giacobi, veuve Blavet et épouse Lombard et de son fils Jean-Michel Bavet contre les frères et soeurs Deleuse, enjoignant le paiement d'annuités dues sur la succession de Michel Giacobi, père et grand-père des premiers et la mise en possession des mêmes sur le fonds du Serre ou eau de Peille pour raison de gage et hypothèque (1757, 23 juin) ; condamnant Jean-Baptiste Gras, de Drap, au paiement de 35 livres en faveur de Jean Console, de la Trinité, trésorier d'Eze, cessionnaire de Joseph Baldoino (1758, 9 juin) ;
· Patentes d'investiture du fief et de la juridiction d'Eze en faveur du vassal Jean-Philippe-Antoine Cortina (1698).
· Supplique adressée au Sénat par Honoré-Marie Fighiera, vicaire d'Eze, demandant qu'il soit interdit, conformément à ses privilèges, aux
habitants de Villefranche, Drap et la Turbie, propriétaires sur le territoire dudit Eze, de vendre leurs récoltes aux particuliers de la paroisse, sans avoir payé la dîme audit vicaire ; ordonnance du Sénat portant ladite défense (1773).
· Confirmation des droits du chanoine Fighiera, vicaire perpétuel de l'église paroissiale d'Eze sur ladite église (1739).
Ceci n'est, bien sûr, qu'un aperçu. Elles démontrent l'organisation particulièrement sophistiquée de la commune qui, alors, était dirigée par les siens et pour les siens. Cet état de fait perdurait depuis la fondation du village et ne cessa qu'avec l'accumulation des hiérarchies qui, ayant cessé d'être des contre-pouvoirs, rendirent moins lisible que jamais l'exercice du pouvoir municipal.