Une réserve indienne sous la neige : Eze

Disparu le torrent d'Eza figurant à l'ouvrage de Vattier d'Ambroyse de 1889 alors que jeudi dernier notre pays se figeant sous la neige nous avons dû faire cette montée pénible de Nietzsche, laissés par le bus de Nice et la navette d'Eze.
C'est alors que l'on se félicite d'être Ezasque et d'avoir hérité d'un jarret montagnard et décidé.
Une seule remarque. L'ancienne municipalité nous a vendus à Nice pour rien puisque s'agissant de transports ceux-ci et les pouvoirs publics leurs maîtres ne nous laissent au pied de notre montagne magique sans autre réconfort que celui d'être plus sûrs que jamais du bien-fondé de nos doutes quant à leur réelle volonté de gouverner pour les habitants. Le visiteur, lui, à l'instar de ceux de la Croix Rouge en de périodes bien plus adverses, n'aura rien vu et, me lisant, trouvera que vraiment ces "indiens" sont bien ingrats.
Car enfin, qu'est-ce qu'un lieu touristique en 2010 celui d'où l'on ne peut sortir sans le risque de ne pouvoir y retourner? Une réserve. Oui, c'est bien cela, une réserve. Mais nous avons vaincu l'adversité des indolents, de l'imprévoyance et de la cupidité en utilisant nos jambes comme, jadis, d'autres votèrent avec leurs pieds. A cette seule différence près. Nous sommes retournés à Eze, sous la neige, à pied et y resterons quelque soit le temps qui y règne.
Ayant assisté à quelques séismes et incendies, la place était comme elle le fut jeudi : vidée mais si sereine de voir les marchands du temple ne montrant plus leurs tristes visages avides.
Une fois le soleil revenu, nous devrons aller à Peira Cava pour jouir de la même sérénité philosophique et nous arrêter en cet autre lieu oublié.
J'attends donc avec empressement l'édito du "Petit Niçois" évoquant la neige de jeudi.