Pour qui sonne le glas...

Il nous était annoncé (http://www.ville-eze.fr/delib_octobre_2003.pdf - mois d'octobre 2003) la construction d'une nouvelle église à Eze.
Malheureux lieu de culte, d'abord peinturluré dans cette hideuse teinte jaunâtre qui, comme toute chose laide, ne cesse de se montrer. Puis, utilisé à toutes fins et vu sa place orné des drapeaux alignés comme à la façade mercantile des foires internationales. Voilà maintenant, qu'un nouveau lieu de culte est prévu pour mieux organiser sa fin alors que la maison de son ancien officiant sert d'annexe à la famille de nos gouvernants.
Votre serviteur qui, au demeurant fit toutes ses études secondaires chez les Jésuites et a passé plus de dimanches assis sur les durs bancs paroissiaux que ceux qui l'en ont chassé, n'en finit pas de s'étonner de ce zèle suspect consistant à édifier des lieux de culte à un vol de colombe d'un autre qui demeure désespérément vide et entamant sa ruine.
Le prix de ce coûteux édifice (il sera forcément coûteux, n'est-ce pas?) aurait suffi à stopper la lente agonie de l'église d'Eze. La doit-on condamner parce que sous son pavement dorment plus de cent Ezasques? L'éradication du vrai serait-elle plus facile lorsqu'elle commence par les morts? (l'état pitoyable actuel du cimetière plaiderait pour cette stratégie!). Elle l'est, certes oui!
On juge l'arbre à ses fruits, a-t-Il dit!
Un candidat aux élections municipales des 11 et 18 juin 1995, heureusement battu aujourd'hui par notre liste et celle qui fut élue lors des dernières batailles municipales, écrivait quant à lui:
"La loi doit être la même pour tous. Ni favoritisme, ni passe droits, pas de règlement à deux vitesses. Préservation des sites, plus d'immeuble en dehors de la zone urbaine, application de la loi Paysager." Si fait, l'on reconnaît l'arbre à ses fruits...
Il a aussi dit, le Christ veux-je dire : "Le verbe est haut mais la chair est faible". On ne ferme pas les lieux de Jésus le subversif, on multiplie ses maisons comme des pains puis on blanchit les sépulcres. Tristesse d'un monde qui, toute honte bue, ne voit pas qu'en plus il est ridicule!
Ce court article pour répondre à mes lecteurs qui me demandent pourquoi le Christ d'Eze est souriant...
Nota : le pavement de la "Frache" en cours aurait permis, s'il nous avait été épargné, de sauver l'Eglise paroissiale. Qu'on se le dise...