Eze, l'Immortel & le Philosophe...
EZE, L'IMMORTEL & LE PHILOSOPHE...
Jean Cocteau by Irving Penn, 1948
Jean Cocteau, presque d'Eze, Villefranchois, écrivain fresquiste, cinéaste acteur, auteur comédien, génie de l'inutile, touche-à-tout, touche-à tous!
Entre Nietzsche et lui : un univers mais pas au point que l'on pourrait imaginer. Leur admiration commune de la Grèce est flagrante et leur différence est à rechercher dans le sort contrasté que leur ont réservé les dieux.
Pour le premier, la folie. Pour le second, l'immortalité académique. Mais pour chacun d'entre eux : tout sauf l'oubli.
A mes yeux, le plus grand des Cocteau est le poète. Or, celui-ci consacra au moins un poème à Nietzsche, y évoquant son passage Ezasque.
"Requiem". Ce seul titre dit tout. Jean Cocteau le fait débuter par cette phrase essentielle de Nietzsche :
"La magnifique et sauvage déraison de la poésie vous réfute, sectateurs de l'utile. C'est justement la volonté de se délivrer de l'utile qui élève l'homme au-dessus de lui-même."
Puis le poème lui-même :
"Sur les pics il affronte avec
Les cornes de sa moustache
La solitude et ce farouche
Enroulement cache une bouche
D'ombre que jamais nuls ne virent
Et de Nice à Eze et de Sils
A Weimar se promène encre
L'illustre spectre alpiniste
Du chevalier Perce-Neige."