Nietzsche, le compositeur...

Publié le par Xavier Cottier


La Méditation de Manfred - Au piano : Aribert Reimann

        Alors que sa musique résonne aux épais murs de notre maison d'Eze, il me semble que les pas que je viens d'entendre sont les siens; malheriens, malheureux, en un mot : l'errance.

        Eze est un lieu musical, cela ne fait aucun doute. Que le Gai Sapiteur l'ait compris n'a rien d'étonnant. Que d'autres, après lui, aient marché sur ses traces non plus. Barlow et ses contines symphoniques, Balokovic et son violon vibrant, puis sans eux, ces concerts nocturnes et éoliens qui pendant des années peuplèrent qui un salon de musique, qui la place de l'église, ou le château défait.

         Mais, Chers Lecteurs, pour en faire ou l'entendre, cette âme, comme le lieu, doivent être propices. Or, il n'en est - plus- rien. L'erreur, Herr Nietzsche, n'est pas ici qu'il n'y ait plus de musique mais que la vie ait quitté les lieux. Le dilemme était donc le suivant  : la vie avec la musique - de ne plus la connaître vous tua -, la vie sans la musique, la musique sans la vie.

        Peuplons Eze de musiciens, ou plus simplement d'artistes, et voilà que la méditation de Manfred se mettra à devenir presque enjouée. Effleurez le masque de Nietzsche et, où que vous soyez, un peu d'Eze remontera jusqu'à ce que vous avez tous d'Ezasque, comme aux Ezasques tout ce qu'ils ont d'humain, trop humain...

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