Du croquis et du long discours …. Ou de la nécessité de cultiver son jardin….

Un jardin de Nice...
Alors que notre « Frache », Place de l’Eglise d’Eze, est en proie à des travaux de « couverture », nous avons eu l’opportunité, que dis-je la chance, ce jour même de revisiter le jardin d’une famille de Nice, les Massa, à laquelle nous sommes alliés depuis le milieu du 17ième siècle.

Travaux de "couverture" d'Eze...
Ceux-là mêmes qui, se targuant d’être paysagistes, refont et défont ce qui se trouve sous nos yeux et nos pas depuis temps bien prescrit, feraient bien mieux d’aller consulter nos collines quasi romaines, que dis-je romaines, qui de Cimiez en passant par Terron, Fabron, hauteurs de Cagnes et j’en oublie, sont le fruit des efforts humains, surhumains de cette idée selon laquelle contempler provient bien davantage du verbe complanter, un presque « vici » que du vulgaire « veni » césarien : je suis parvenu !

Parvenus ils le sont, soit à éradiquer de la ligne d’horizon toute chose qui ne fût point un triste témoignage de leur souci de « vedi », soit la vision ou plutôt le "paraître" - l’avisio d’Eza est bien loin de cela – de non point la profondeur mais du vide. A se demander si ce n’est eux qui nous ont fait perdre notre latin !
Ainsi, l’olivier ! Ici, à grand frais d’heures passées à en prélever la semence, là plutôt la pelleteuse et la scie. Ici, curule ou plus simple chaise à l’ombrage du grand arbre, là le néant, image d’une réalité d’autant plus impressionnante qu’elle ne débouche sur rien. Ici et enfin , le souci d’harmonie, souverain bien et là, fulgurant et triste, l’affliction utilitariste et commerciale d’une niaiserie d’autant plus acceptée qu’elle est généralisée : mobilier urbain, lampions et miroirs à alouettes alors qu’en fond sonore résonnent les coups d’escopettes de nemrods minables débusquant le « cochon » sauvage qui l’est moins qu’eux !
La comparaison est affligeante. Notre Eze bétonné, empierré de bric et de broc, de bric à brac ; notre terre couverte, que dis-je garrottée, aux fins de facilitations de l’écoulement des fluides devenus citadins, faute d’être urbains, provenant de visiteurs provisoires et saisonniers. D’autre part, ces anciens « colons » mutant leurs épées en socs, nos ancêtres et cultivant la glèbe comme le pêcheur journalier fendait les eaux à la tête de son « pointu ».

Notre Société qui a déjà publié les photographies des errements de la Frache et d'ailleurs, montre aujourd’hui le fruit des efforts de simples particuliers qui ont pu faire dire à un Malraux, notre maître qui nous manque tellement, que « L'homme est ce qu'il fait ! ». Il est aussi ce qu’il défait et Eze, à ce titre, est exemplaire. Il n’est, pour ce faire, qu’à contempler de nuit la silouhette si caractéristique de l’antique Eza devenue un pain de sucre de foire, barbe à papa écoeurante s’écoulant jusqu’à la mer sous l’étiquette usurpée d’Aurea Capra. Lecteurs, ne conviendrait-il pas que les pouvoirs publics – si pouvoirs ils ont et que publics ils fussent – s’y consacrassent enfin et fassent appliquer, dura lex sed lex, des textes qui n’ont pas, après tout, été conçus que pour punir et abaisser les humbles mais, bien au contraire, s’adresser aux puissants qui sont d’autant plus méprisables qu’ils abusent de leur position ?

Albert Figuiera
Nous posons la question et y avons déjà répondu en ayant constitué notre société qui porte le nom d’un homme qui passa sa vie, juge qu’il était et édile qu’il fut, à cette œuvre de justice.
En un mot comme en cent, nous sommes irrémédiablement les Figuiera sans h "haches"! Qui aures habet, audiat...