Une démocratie représentative... 1702...

Publié le par Xavier Cottier

(Tiré d’un texte traduit de l’italien vers le français par X. Cottier – Archives SMAF)

 

Nous sommes en 1702. Le 3 septembre et il est dix heures du matin. Le Parlement des Ezasques se rassemble alors près de l’Eglise paroissiale, sur la place dite du « Forsieu ». C’est là, nous dit le compte-rendu de l’assemblée, que se tient le public et le « parlement » général de tous les hommes, conseils (« conseglieri ») et chefs de maison (« cappi di case »)dudit lieu d’Eza.

 

Cette réunion est convoquée par Constantino Fighiera, bailli juridictionnel et sur réquisition de Ludovico Asso, « Sindico » - maire- en fonction.

 

Ils sont cinquante (quarante-neuf pour être précis), nombre considérable qui est, également, un évident signe de démocratie locale puisque de représentativité. Ce point a déjà été remarqué par le regretté Charles-Alexandre Fighiera.

 

Je tiens à la disposition de nos membres la liste de tous les noms et prénoms des participants à des fins généalogiques, mais nous pouvons déjà citer les :

 

Fighiera/Figuiera

Asso,

Caisson (alliés des Figuiera)

Rei, Gioffredo,

Ciocho (orthographe qui devint Ciocco au 19ième)

Regis,

Grinda,

Fulconis,
Mai.

Le quorum des deux tiers est réuni et l’ordre du jour peut être lu.

 

Il s’agit de la rénovation du cadastre. Sont mentionnés les abus multiples qui obérèrent depuis longtemps les relevés cadastraux de la communauté et les représentants des Ezasques sollicitent l’application des textes de Sa Majesté le Roi. Pour ce faire, sollicitent-ils la désignation d’un ou deux « procureurs » (avocats) devant les représenter et remontrer les demandes des Ezasques pardevant les juridictions compétentes.

 

Sont désignés d’une part l’avocat Ludovico Fighiera et d’autre part l’avocat Antonio Figuiera auxquels est confié un mandat spécial et général de les représenter. Leur tâche est de solliciter des dégrèvements d’impôts locaux et autres rectifications cadastrales.

 

Outres les conditions ordinaires et de droit en pareille matière, il leur est rappelé de ne pas confondre leurs biens propres et ceux communaux, phrase sacramentelle toujours rappelée, chacun sachant pourtant qu’elle n’est point, alors, nécessaire.

 

Le notaire est rédacteur est Antonio Rossetto de La Turbie.

 

Antoine Figuiera, mon aïeul et l’un des procureurs désignés, vit son fils Jean-Baptiste devenir à son tour Bailli comtal.

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