L'EAU A EZE...

Publié le par Xavier Cottier

L’eau. L’eau à Eze, d’autant plus vitale ici qu’elle manque cruellement et ce depuis des siècles, que dis-je, des millénaires. Pourtant, est-il une seule communauté d’hommes et de femmes à la face de la planète Terre qui eût jamais survécu sans sa présence, fut-elle sporadique et parcimonieuse? Non point et Eze ne fait pas exception à cette règle.

Nous vécûmes heureux bien des siècles avant que l’écho de la rue ne soit venu, incarné par les pâtres touristiques, les guides veux-je dire, qui nous clament- non point - nous affirment que d’eau jamais nous n’eûmes et que ce n’est qu’à partir de l’an 60 du 20ème siècle que nous avons pu partager la joie d’être purifiés et abreuvés de ce liquide réparateur.

La question est d’importance et mérite une définition. Tout d’abord, il appert de toutes les études les plus sérieuses que nulle assemblée d’hommes, de femmes et d’enfants ayant dépassée le quota de 250 membres n’aurait pu perdurer au-delà de quelques mois sans la présence d’eau qui pluviale, venue des tréfonds ou acheminée au moyen empirique mais efficace de l’irrigation qui, ainsi que chacun le sait, fonctionne encore et toujours en Afrique et ailleurs.

Eze, pour originale que fût sa communauté, ne fait pas exception à cette règle que seuls les dieux auraient pu négliger.

Aussi, est-il constant que l’eau, dite en français "courante" de la façon la plus contradictoire puisque, précisément, il s’agit de la domestiquer, exista toujours à Eze. Certes et tout d’abord de façon empirique, tel que dit ci-dessus, ce au moyen de son recueillement à la source de son ruissellement pluvial, nos habitants la conservant qui dans des jarres, qui d’autres dans des citernes. Puis, à l’instar de la Rome presque déjà oubliée qui connaissait le robinet et de l’Urbs en tous cas, la prestation d’une eau de source au moins au rez-de-chaussée acheminée par près de trente aqueducs, au moins d’un tiers de nos habitations dès le 18ème siècle pouvaient jouir à Eze d’une cuisine et d’une salle dite d’eau bénéficiant de cet équipement immémorial. En sont les témoins la salle de bains du siège de notre Société qui, âgée de plus de trois siècles, est ornée d’une baignoire et d’un lave-mains qui ne sont nullement des éléments décoratifs, non plus que le journal de bord d’un occupant de la première, Ludovic Figuiera qui, dès 1788, prenait des bains à bord du bâtiment qu’il commandait, le "Piémont", ainsi qu’il le déclare dans son Journal de Bord en notre possession. Le bain, odieuse habitude certes mais qu’il n’aurait acquise à bord d’un navire de haute mer de près de 500 tonneaux s’il ne l’avait contractée et en eut l’usage auparavant alors que, jeune homme - il a alors 24 ans - il prenait déjà des bains à Eze....

L’eau est donc déjà courante au Mont Bastide tel qu’étudié et répertorié par le Professeur Pascal Arnaud (Cf. notre blog), puis, il est vrai, ne vit celle-ci délivrée à des abonnées qu’à compter de 1929, 1930.

A ce sujet, je détiens pour nos membres un dossier complet sur le sujet - faisant justice de l’idée reçue selon laquelle Mr. Samuel Barlow aurait été, seul, à l’origine de la création de postes d’eau individuels à Eze, homme dont par ailleurs j’ai clamé les mérites mais qui sont d’un autre ordre - mais tiens aujourd’hui à publier parmi ces éléments probants le renouvellement d’un abonnement de la Compagnie Générale des Eaux en date du 20 juin 1932. Je conserve à disposition des chercheurs et curieux les preuves des travaux, autorisations municipales et autres, qui démontrent, s’il le fallait, que nous avons l’eau courante, tel qu’on l’entend aujourd’hui, voilà plus de 75 ans.

Enfin, nous établirons au fil de nos recherches et collations d’archives, que l’apport de l’eau courante à Eze - au sens - au demeurant erroné - entendu par le monde dit moderne - n’a pas été le fait d’apport exogène à Eze mais, singulièrement, le fruit de plusieurs dons et donations de la famille Figuiera aux droits de laquelle se trouve la Société Muséale Albert Figuiera.

En un mot comme en mille, il est scandaleux, et le mot n’est pas trop fort, de devoir souffrir des commentaires de guides qui seraient risibles s’ils n’étaient attentoires à notre dignité, faisant accroire que nous devons notre survie aux estivants alors même que nos archives croulent sous les témoignages de ceux-ci quémandant -propriétaires de "villégiatures" veux-je dire - qui droit de passage, qui de se raccorder à des canalisations existantes et crées par les autochtones que nous sommes d’autant plus fiers de l’être que le discours à notre sujet est péjoratif et insultant. Qui n’a pas entendu les commentaire des guides (les pâtres de ci-devant) expliquant que nos portes étaient basses en raison de nos pratiques incestueuses (la famille Figuiera compte 27 générations à Eze sans un seul mariage consanguin) ne peut comprendre la rage qui préside à notre volonté de rétablir la véritable histoire d’Eze. Que nul ne s’offusque devant les poussées irrédentistes Niçoises s’il ne fustige à son tour les errements d’une sous-culture touristique destinée à de petits blancs. Ceux-ci perdurent et prospèrent. Ne nous étonnons pas!

Nous conclurons sur cette question de l’eau et en tous cas provisoirement car la matière est immense, en disant que notre Société est si certaine de l’importance de cet élément que notre président, qui par ailleurs a animé une émission radiophonique à Nice sur l’histoire dite locale, va reprendre le flambeau des media pour évoquer l’eau en Israël et Jordanie (nous aviserons nos lecteurs des coordonnées de cette émission). 

Toute contribution extérieure sur cette question sera bienvenue et nous appelons tous témoignages afférents à la question historique de l’eau au sein de notre Comté.




LES DOCUMENTS QUI SUIVENT SONT TIRES DE NOS ARCHIVES  ET iLS SERONT PUBLIES SUR NOTRE SITE OFFICIEL SOUS UN FORMAT PLUS LISIBLE ET SONT D'ORES ET DEJA DISPONIBLES A LA CONSULTATION AU PROFIT DE NOS MEMBRES;




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