Joseph-Rosalinde Rancher

Source : nicerendezvous.com
Joseph-Rosalinde Rancher (1785-1843) est indiscutablement l’un des grands écrivains du Comté. Il se distingue par son choix délibéré de la langue poétique et, surtout, niçoise. Pour autant, il ne s’éloigne pas de l’influence italienne, notamment par sa grande indépendance d’esprit, son ironie naturelle et son sens du peuple.
La "Nemaïda" demeure son oeuvre majeure et nulle famille niçoise ne saurait faire l’impasse sur ce volume.
Or, il s’avère que notre auteur a croisé la famille Figuiera d’Eze par un biais bien curieux.
Tout d’abord, alors que Rancher s’éteint à Nice le 11 juillet 1843 à cinq heures du soir, c’est Louis Figuiera, alors procureur au Sénat (ce dernier étant une juridiction et non, comme son nom l’indique à tort, une chambre législative), agissant pour le compte d’Adrien Rancher, son frère, qui présente une demande tendant à l’enregistrement du testament de Rosalinde. Ce sera chose faite le 17 juillet.
Buste de Louis Figuiera, Procureur au Sénat de Nice
Collection Société Muséale Albert Figuiera
Louis Figuiera est le grand-père de César-Marie Figuiera qui, plus tard, épousera Clorine, fille de François Malausséna. C’est ce dernier, avocat de son état, qui sera chargé par la succession d’assurer le contrôle de l’inventaire des biens du célèbre défunt, lequel est diligenté par Charles Arnulf, notaire. Notons que cet officier public a souvent instrumenté à Eze.

Plus curieux encore, les manuscrits du grand poète niçois ont été légués par Adrien, qui en était le légataire, à l’avocat Jean-Baptiste Barralis. Ce dernier n’est autre que le beau-père de François Malausséna qui avait épousé Adèle Barralis, sa fille!
Portrait tiré de "Gloires et Traditions du Canton de Levens A la Mémoire de François Malausséna" Ch. Alexandre Fighiera - Bibliothèque Société Muséale Albert Figuiera, Exemplaire n°8 des 200 numérotés
Ce précieux dépôt est donc aujourd’hui entre les mains de la famille Fatou-Raiberti, nos cousins, puisque nous descendons au même degré de François Malausséna, le susnommé.
En fait, la chose n’est pas aussi étonnante qu’il n’y paraît. Par exemple, nous savons que le petit-fils de Louis Figuiera, avoué, avait pour clients Joseph Garibaldi, Alphonse Karr et bien d’autres personnalités du temps. Sans parler de Malausséna, brillant défenseur, que tous les plaideurs fortunés souhaitaient voir assurer leur défense. Son fils, Arthur, fera lui aussi une belle carrière, reprenant le cabinet de feu le premier maire de Nice française.
Enfin, ces faits démontrent s’il le fallait la place importante qu’occupait Eze et ceux, parmi ses notables, qui légistes, médecins ou prêtres, détenaient également des charges municipales (le père de Louis Figuiera était bailli ducal, lui-même fut maire d’Eze, son fils après lui, son petit-fils jusqu’à Albert Figuiera).