PROGRAMME DE LEURS MAJESTES

Publié le par Xavier Cottier

PROGRAMME DU SEJOUR DE LEURS MAJESTES


Nous sommes au matin du 12 septembre 1860.


"Le Monde Illustré" 1860 - Bibliothèque SMAF

Le Préfet des Alpes-Maritimes reçoit le couple impérial à bord de leur yacht que voici :

"Le Monde Illustré" 1860 - Bibliothèque SMAF

Une heure plus tard, Leurs Majestés sont reçues par les autorités religieuses, judiciaires, civiles et militaires et par le Maire de Nice, François Malaussena.

Le cortège est entouré des corporations d'ouvriers, des députations des communes et des troupes de la garnison de la ville.

Fâcheux contretemps. Le temps n'a pas permis au bâtiment impérial de débarquer à Nice, aussi mouilla-t-il à Villefranche. Le retard n'est pas considérable mais l'Empereur pense aux Cent-Gardes, alignés depuis des heures sur la place Napoléon, actuelle place Garibaldi. N'est-il pas soldat?

S'y trouve déjà le maire qui remet les clefs de la ville à Napoléon III en prononçant ces quelques mots :

"Sire, voici les clefs de Nice. Ce sont les clefs d'une ville dont la fidélité fut de tout temps la noble devise, d'une ville que vous avez comblée de bienfaits qu'elle ne pourra jamais oublier, d'une ville prête au besoin à vous prouver que, si elle aime ses souverains avec transports, elle saurait aussi les défendre au prix de tous les sacrifices."

Puis, les jeunes notables de Nice sont reçues dans la galerie des Palmiers de la nouvelle préfecture, devenu un temps Palais Impérial.

 

Clorine Figuiera-Malaussena - Archives SMAF

En tête, les deux filles de François Malaussena, Clorine et Elodie. Suivent : Rose Michaud Mathilde de Cessoles Clémence Roissard Clotilde d'Achiardi Marie Laurenti Louise Bonnaire Louise Lacroix Ernestine Balestre Constance Bonfils Antoinette Léotardi Emilie Deyderi Les soeurs d'Auvare Albertine Elisy Eveline Flores Leclerc Torrini Roux & Sauvant.

Elodie, la cadette, présente un magnifique bouquet à l'Impératrice avant que l'aînée, Clorine, ne prononce le compliment qui suit :

"Devant l'Auguste Présence de Votre Majesté, nous nous sentons fières d'être Françaises et nous bénissons le vote unanime de nos père et de nos frères qui ramène notre charmant pays sous le trône glorieux où s'assied tant de grâce et de bonté. "Daignez, Madame, accueillir l'homme des voeux que nos jeunes soeurs adressent au ciel pour Vous, pour l'Empereur et le Prince Impérial. Daignez aussi accepter ces fleurs, modestes emblèmes des sentiments de Nice, qui n'a d'autres désirs, ni d'autres besoins que de vous aimer et de vous plaire. " L'impératrice embrassa les deux jeunes filles et remit à Clorine le bracelet que voici :







Bracelet, don de l'Impératrice Eugénie à Clorine Malaussena - Don de Clorine Cottier-Abeille aux Collections de SAS le Prince Rainier de Monaco

 

    




Nos lecteurs les plus fidèles savent déjà que Clorine est inhumée à Eze alors qu'elle épousa César-Marie Figuiera, maire d'Eze qui assista à la cérémonie en cette qualité.

 

    L'histoire familiale a retenu ces quelques mots de la discussion privée qui s'ensuivit, l'Impératrice complimentant la jeune Clorine Malaussena : "Mais, Mademoiselle, vous parlez le Français comme une Française!" et qui se vit répondre ce presque cinglant : "... mais Majesté, c'est que nous sommes Françaises".

 

     Autre aparté, durant le dîner de six heures, où Madame de Cessole fait remarquer à l'Empereur que c'est en décembre et janvier "... qu'il faut admirer cette terre de rêve. Quand toute l'Europe est couverte de neige, Nice voit encore le soleil et les roses." Anecdote qui nous indique clairement que c'est dès le Second Empire que notre terre fut moins recherchée pour elle-même que pour son soleil.

   

      Je rappelle à mes lecteurs, qui ne verraient pas le lien entre Eze et cet épisode, que Clorine Malaussena, mon aïeule, est devenue Ezasque par mariage et s'y consacra aux côté de son mari qui, pour n'avoir pas connu, comme elle,  les fastes de l'Empire, possédait cette fibre plutôt Bonapartiste qui perdura au sein de la famille et lui fit aimer son pays plus que tout. Par pays, j'entends celui qui commence à son village et finit au frontière de la nation qui l'intègre.

 

        Tous les acteurs de cet acte politique considérable que fut le Rattachement de Nice à la France sont aujourd'hui volontairement oubliés mais il est des omissions qui sont autant de louanges non dites aux temps où sont célébrées fausses gloires, médaillés les vaincus et mis au pavois ceux là même qui devraient plutôt finir au pilori. Je le répète, Napoléon III est inhumé en Angleterre. Peut-être y connaît-il un meilleur dernier sommeil!



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