Les d'Yse
Il est une famille d'Eze qui est intéressante à plus d'un titre.
Archives Société Muséale Albert Figuiera
Les YSE ou YSIA. Eteinte et depuis longtemps absente de la mémoire d'Eze, elle joua pourtant un rôle considérable.
Elle fut fondée en ces lieux et en tête de son arbre généalogique figurent Rostang et Ferrand de Ysia, deux frères, étant affublés des titres de Seigneurs de Monaco, de la Turbie, de Berre et de Ysia en 1245.
Le nobiliaire de Provence se faisant l'écho de l'assemblée générale de la Noblesse dudit lieu (Aix) en date du 3 juin 1734 établit -étant constant que nous nous situons avant la dédition de Nice à la Savoie-, qu'à la même époque vivait Bertrand de Ysia, Seigneur d'une partie des terres d'Ysia, de Merindol, de la Roque et de Montolieu.
Cet ouvrage que nous possédons en édition originale, à l'instar de la bibliothèque du Chevalier de Cessole au musée Masséna, constitue plus exactement "L'Histoire héroïque et universelle de la Noblesse de Provence" par Artefeuil. Elle a été publiée en 1970, en trois volumes chez PRO ART. Nous nous ferons un plaisir d'en donner des extraits lors de notre conférence du 6 mars prochain.
Voilà ce qu'elle nous apprend.
Par deux fois, en 1247 (la première date est ignorée), puis le 24 février 1247, les deux frères dont s'agit firent hommage de ces terres à Charles 1er d'Anjou, portant quant à lui le beau et ronflant titre de Roi de Naples et de Sicile, Comte de Provence.
Il semble donc et je crois que ce point n'a jamais été soulevé, que les 24 juillet 1245 et 1246 (pourquoi cette date?), les habitants de Monaco "passèrent reconnaissance" à Rostang et Ferrand de Ysia qui étaient donc leurs seigneurs, nous dit l'auteur Artefeuil, le généalogiste et légiste. Au demeurant, ils furent si proches de Charles 1er d'Anjou, frère de Louis IX rappelons-le, qu'en 1264 ils l'accompagnèrent dans sa conquête du royaume de Naples et de Sicile.
Moins nomades à partir de l'année 1271, Rostang et Ferrand de Ysia prêtent hommage à Nice le 24 janvier de ladite année et se fixent en leur "manor" d'Eze.
L'un d'eux, on ne sait lequel, eut un fils : Isnard de Ysia, Seigneur du Puget Treize Dames, et qui fit hommage de sa terre à Robert, Roi de Naples et de Sicile, Comte de Provence le 17 juin 1309.
Un autre surgeon de cet arbre, Louis de Ysia, eut la même démarche à l'endroit de la Reine Jeanne, Reine de Naples et de Sicile, le 16 décembre 1374 et nous verrons une prochaine fois le rôle qu'ont joué les Ezasques dans cette adhésion médievale fondamentale.
Le plus extraordinaire et élément inédit, je le répète, réside dans le fait suivant :
Crapace de Ysia, marié à Lunette de Boniface le 6 juin 1423 reçut de Louis III, Roi des Deux Siciles, Comte de Provence, les Isles de la Mer de Marseille, ce, pour services rendus ainsi qu'il résulte des lettres patentes concédées à Averso dans le Royaume de Naples le 5 mai 1425. Les Isles de la Mer de Marseille devinrent donc les Iles d'If, Eze ayant ainsi indirectement offert son nom à la romantique et mystérieux Ile d'où surgira, à la Renaissance, le château d'If.
La généalogie du temps comportait toujours un aspect mythologique et volontairement hagiographique afin de complaire aux puissants. Ainsi ces références à des droits sur Monaco sont à vérifier mais la toponymie semble indiscutable.