Mars 1788, journal du Capitaine Luigi Figuiera

Publié le par Xavier Cottier


Du  mercredi 19 au jeudi 20 mars 1788

    A 1 heure de l'après-midi, nuages à tribord.

     Le Piémont vire de bord lorsque, tout d'un coup, le mât de misaine s'affale dans un tel vacarme que le commandant pense qu'il est parti à la mer. Deux hommes de bord se trouvaient sous le mât, aussitôt il est entrepris de les secourir mais quelques instants plus tard, l'équipage et son commandant s'aperçoivent que par chance ils se trouvaient ailleurs sur le pont au moment de l'incident.

     Néanmoins, l'ensemble des voiles et du cordage du mât, y compris celui du perroquet, sont sous l'eau! Les deux hommes en question se trouvent emmêlés dans et sous la voile du petit hunier. Pour la première fois, Luigi Fighiera nous donne un nom. Parmi ces deux malheureux, se trouve le fils de Montolivo de Villefranche. L'autre se voit qualifié de "forestiere", en fait l'homme chargé des lourdes avaries touchant les éléments du navire étant en bois dont, bien sûr, les mâts.

    Ce fut, nous dit-il "...un grand miracle qu'ils fussent vivants et je pensais qu'ils avaient été réduits en miettes mais nous remercions le Seigneur..." ajoutant de la façon la plus pragmatique, donc Ezasque, "... réduits en miettes... si nous n'avions rien fait mais nous l'avons fait prestement".

    Mais il faut aller de l'avant. Il donne l'ordre de partir au large, de se débarrasser prestement de tout l'ensemble de la voilure de tribord. La misaine, nous dit-il, se trouvait fort "embarrassée" et à 4 heures du soir, ils étaient encore à la manoeuvre. La voile de rechange est prête, les hommes de même et à 5 heures ils placent la nouvelle voile. Problème! Celle-ci est un peu plus longue que la précédente. tant et si bien qu'elle descend jusqu'à l'entrepont.

    La nuit se passe à réparer les nombreuses avaries puis, au matin, dès huit heures, ils rencontrent un navire anglais, parti de Livourne, qui se rend à Liverpool. Le capitaine nous dit avoir eu quelques échanges avec le bord de ce dernier après que le Piémont ait arboré le pavillon français. Puis ils croisent un autre bâtiment, portant le pavillon "Provençal", commandé par le capitaine Gorren qui se trouvait avec le capitaine Garrelli, ce dernier offrant ses services au Piémont.

    Ce furent là de rudes moments, une "disgrâce" nous dit le capitaine Fighiera d'autant plus qu'ils n'ont pas avancé. 

Latitude observée : 36°34:1

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