Vie, Famille, Amis...
Eze est de ces lieux que l’on ne peut jamais vraiment quitter ou qui, plutôt, se rappelle à vous dès lors que vous en êtes éloigné que ce soit physiquement ou moralement.
Aussi, le mérite de toute association humaine est-elle avant tout de réunir, rassembler même et, dans les cas les pires, retrouver ce qui a été perdu ou défait, soit la vie, la famille et les amis.
Quant à la vie, en 2004, éditant depuis des années un site personnel sur l’histoire d’Eze, j’avais eu l’occasion de mentionner le court et dramatique passage à Eze d’Arnold Szulfrid, qui y termina ses jours de la façon qu’il avait choisi mais, ce faisant, avait laissé sa famille dans l’inconnu et la méprise.
Cette dernière, ayant parcouru mon site, s’est rendue à Eze, m’y a rencontré et là nous avons remonté le temps jusqu’en 1953, au droit abyssal du viaduc d’Eze. Ses petites filles, Patricia Tolentino-Ceder et Inès Tolentino-Engelmann, et leurs enfants, grâce à Eze, purent non pas « faire leur deuil » - ridicule expression d’une société qui refuse la mort – de leur grand-père mais donner un visage, enfin, au brouillard qui encerclait leur parent disparu.
La famille est un arbre. Ses racines et ses cimes ne se rejoignent que lorsqu’il est abattu ou près de l’être. Pourtant, qu’il est bon de savoir que la sève coule toujours et qu’elle alimente une forme d’esprit qui appartient à un groupe, un clan, en un mot une famille. Ainsi, voilà deux jours, recevais-je un courriel d’une cousine descendante collatérale de l’oncle d’Albert Figuiera, le docteur André Figuiera. Un cousin, une cousine et voilà que l’on voit le visage de tous les absents.
Enfin, les amis. Si l’on devait citer ceux qui n’ont jamais quitté l’enceinte d’Eze et y gardèrent leur berceau familial, je ne pourrais alors citer que Jean Destribats, un Asso et de ceux dont j’ai parlé ici (http://www.societe-museale-albert-figuiera.info/article-23403688.html). Et c’est ce que je fais avec plaisir alors que nous sommes heureux de le compter parmi nous en qualité de membre d’honneur ainsi qu’en a décidé notre Assemblée Générale. Ses ancêtres, gardiens attentifs de notre forteresse, nos voisins immémoriaux, souche d’Eze s’il en fut, sont autant de références que sa famille plus proche, ses parents qui eux aussi restèrent fidèles au giron d’Eze.
Ces trois exemples ; la mort combattue, la famille rameutée et les amitiés réunies, pourraient assez bien symboliser ce qui nous manque ici cruellement depuis quelques lustres sans luminaires : l’Esprit… l’Esprit d’Eze…